Prix Célest’1, c’est parti

Le coup d’envoi de la première édition du prix Célest’1, un événement initié par Claudia Stavisky afin de mettre en lumière les talents théâtraux de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a été donné le 14 juin dernier. Ce concours ouvert en priorité aux compagnies théâtrales de la région, propose deux catégories de sélection soit par la présentation d’une « maquette », préfiguration d’un spectacle à venir soit par la représentation d’un spectacle « grand format » déjà créé. Pour en savoir plus, rencontre avec Emmanuel Serafini, directeur des productions et conseiller artistique du théâtre des célestins. 

Pourquoi créer un prix ? 

Emmanuel Serafini : Depuis l’arrivée de Claudia Stavisky à la tête des Célestins, nous étions confrontés, à une importante sollicitation des compagnies régionales. Que ce soit pour découvrir leur création, les aider à monter leur spectacle, ou à les coproduire, les demandes s’amoncelaient. La difficulté face à cette offre importante, c’est comment nous, diffuseurs et directeur de structure ou producteur, nous pouvions répondre à leur souhait légitime de montrer leur travail dans les meilleures conditions possibles. Nous avons donc eu l’idée d’inverser le processus et la fameuse maxime prononcée par Jean Marais dans Le Bossu d’Andre Hunebelle, adapté du roman éponyme de Paul Féval, « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » On s’est dit avec Claudia et son co-directeur Marc Lesage à l’époque, que nous étions enfin prêts à envisager la mise en place d’un concours de compagnies. Afin d’éviter toute collusion potentielle, nous avons souhaité que le jury soit extérieur à la région. Il était important que la sélection des pièces en compétition ne dépende pas du théâtre des Célestins. Il se compose notamment de la journaliste Marie Sorbier, qui a été désignée à Paris comme présidente, de Valérie Baran, directrice du Tarmac à Paris, de Valérie Dassonville du théâtre Paris-Villette, de Laurent Rochut qui est à la tête de deux théâtres dans le Off d’Avignon, de Sandrine Mini de la scène nationale de Sète et du Bassin de Thau, de Jean Liermier, du  théâtre de Carouge à Genève et enfin Jean-Luc Revol de la Maison de la culture à Nevers. Claudia Stavisky, en tant que directrice du Théâtre des Célestins, était aussi de la partie, mais elle s’est beaucoup mise en réserve lors des débats, et a émis très peu d’avis définitifs sur les projets. 

Comment a eu lieu la sélection ? 

Emmanuel Serafini : Tout d’abord nous avons fait un appel d’offres avec une clôture des dossiers, le 12 mars 2019 minuit. En tout, nous avons reçu 110 candidatures sur les maquettes et 136 sur les grands formats. A partir de là, avec mon équipe, nous avons vérifié la recevabilité des dossiers. Les monologues et les seuls-en-scène étaient d’office recalés. Pour les maquettes, seuls les spectacles en création ont été retenus. Après, Il était aussi clair que seules les compagnies basées dans la région ou ayant une majeure partie de leur équipe d’origine auvergno-rhone-alpine pouvaient concourir. Nous avons été très stricts sur ces critères. Après ce premier tri, nous avons transmis les dossiers à chacun des membres du jury. Pour faciliter la suite de la sélection, nous avons mis en place une sorte de doodle, afin qu’ils remplissent leurs souhaits initiaux. Cela a permis de préparer plus facilement la première réunion qui s’est tenue à Paris le 14 avril dernier. Il y a eu un vrai échange, ce qui a été possible grâce au sérieux des membres du jury. Tous ont joué le jeu, ont étudié attentivement toutes les candidatures. Chacun a pu exprimer ses envies, ses coups de cœur, ses premières impressions à l’aune évidemment du matériel fourni par les compagnies. Rapidement, une tendance a vu le jour. Pour certains, il y a eu des évidences, pour d’autres des discussions ont été nécessaires. Au final, nous avons retenu quatorze maquettes et huit grands formats. Cela correspond parfaitement aux objectifs que nous nous étions fixés. 

Comment se passent les deux week-end de concours ? 

Emmanuel Serafini : Dans le cas des présentations de « maquette », qui se sont déroulées le week-end dernier, la journée commençait à midi. Puis toutes les heures jusqu’à 18 heures, une compagnie présentait son travail dans les conditions similaires à celle du Festival OFF d’Avignon, avec à peineune demi-heure pour installer leur matériel. Tous ont eu un temps de répétition préalable pour se familiariser avec les lieux. Dans les 15 minutes prévues, elles avaient l’opportunité de discuter de leur projet avec le jury. Pour les « grands formats », des créneaux horaires ont été définis afin que l’ensemble des spectacles soient visibles. Bien entendu, dans les deux cas, le public est le bienvenu. 

Comment est attribué le prix Célest’1 ? 

Emmanuel Serafini : Pour les maquettes, seul le jury vote. Le lauréat Laurent Ziserman et son projet A.N.A. tiré de scénarios de Pialat a été proclamé dimanche soir. On lui a attribué une aide en coproduction de 20 000 euros. Pour le « grand format », un vote du public a aussi été prévu. Nous avons donc fait un appel aux spectateurs, en puisant notamment dans nos abonnés sur les deux saisons précédentes et celle à venir. Il était important que les membres soient disponibles les trois jours pour voir l’ensemble des spectacles. Les deux prix celui du jury et celui du public seront annoncés le 23 juin au soir. Les compagnies lauréates auront l’opportunité de présenter tour à tour leur travail, la première semaine d’avril 2020. Dans le cas où, les deux jurys choisiraient la même pièce, cette dernière se verra octroyer une semaine entière de représentations au théâtre des Célestins. Petite anecdote, nous avons dans le règlement du concours stipulé que le jury s’il le voulait pouvait attribuer un prix totalement honorifique, à un comédien, une comédienne ou à un auteur. 

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


Prix des Célest’1
Théâtre des Célestins 
4 rue Charles Dullin
69002 Lyon
Du 14 au 23 juin 2019

crédit photos dans l’ordre : A.N.A., Mise en scène de Laurent Ziserman – Compagnie Panier-Piano (Maquette) ; L’Autre, mise en scène de Dorian Lechaux – Compagnie Puéril Péril (Grand format) ; En réalités, mise en scène d’Alice Vannier -Compagnie Courir à la catastrophe (Grand format) ;  Narmol,  mise en scène de Vanessa Amaral – Compagnie Bleu Gorgone (Grand format)

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