La naissance tragicomique de la Dame de Fer

Comme la tour Eiffel, la pièce de Florence et Julien Lefebvre ne cesse d’attirer un public de plus en plus nombreux. Jouant les prolongations au théâtre Fontaine, Plus haut que le ciel conte l’incroyable histoire de la Dame de fer. Un succès bien mérité !

Proposer une pièce sur la construction d’un des monuments les plus célèbres au monde était un pari osé. Florence et Julien Lefebvre ont réussi le tour de force d’en faire une comédie joyeuse et instructive. On rit, en apprenant. Le bonheur quoi. La Tour n’est pas que l’idée de sieur Eiffel mais bien le fruit d’une réflexion entre deux ingénieurs rêvant d’aller « Plus haut que le ciel ». Ils ont dû déployer une belle énergie pour que leur projet voit le jour. La ténacité de Mademoiselle Eiffel, la fille du célèbre industriel, a fait le reste. 

Un édifice de fer

Bâtir en plein cœur de la capitale, un tel édifice sans véritablement d’utilité, autre qu’ornemental, monumental, ne va Pas sans problèmes, tant économiques qu’humains… Les auteurs, bien documentés, s’amusent à nous décrire tout un monde, celui de la Belle Époque, qui s’apprête à entrer dans le XXe siècle, et celui de l’industrialisation et la modernité. 

Des personnalités bien croquées

La pièce fonctionne aussi parce que les personnages sont adroitement dessinés. Si le trait est un peu forcé, il ne va jamais à la caricature, et n’est que prétexte à rire. Il y a un ton à la Feydeau dans la rythmique, des répliques et des revirements de situations. La mise en scène de Jean-Laurent Silvi abonde en ce sens. Les tableaux, dans une scénographie ingénieuse, s’enchaînent sans temps mort. Les décors de Margaux Van Den Plas, avec images projetées, comme les lumières d’Éric Milleville, sont superbes. Il en est de même pour les costumes de Frédéric Olivier

Une belle palette de comédiens

Tout en rondeur, à la fois paternel et intraitable, Frédéric Imberty est fabuleux, dans le rôle de Gustave EiffelMargaux Van Den Plas incarne Claire Eiffel, avec une justesse terriblement touchante. Dans le duo des ingénieurs aux rêves les plus fous, Axel Blind et Nicolas Leguen rivalisent d’ingéniosité. Thomas Ronzeau est Adolphe Salles, bras droit d’Eiffel, celui qui a la tête sur les épaules et un cœur bien plus sensible qu’il ne veut le faire paraître. Le comédien est épatant dans ce beau rôle. Jean Franco à la tâche difficile d’incarner plusieurs personnages et pas des moindres. Il nous régale par ses diverses prestations. Et puis il y a Héloïse Wagner qui en Armande Bernouille, une ancienne cocotte devenue bourgeoise nantie, nous a transportés de joie. Il y a de la Maillan chez cette comédienne. Elle nous surprend toujours.

Cette belle réussite, à laquelle les jeunes sont vivement conviés, se déguste avec bonheur.

Marie-Céline Nivière


Plus haut que le ciel de Florence et Julien Lefebvre
Théâtre Fontaine 
10 rue Pierre Fontaine
75009 Paris
Jusqu’au 29 mars 2020
Vendredi et samedi à 19h00 & le dimanche à 14h00
Durée 1h20

Mise en scène Jean-Laurent Silvi assisté de Nastassia Silve
avec Fréderic Imberty, Margaux Van Den Plas, Thomas Ronzeau, Axel Blind, Nicolas Le Guen, Jean Franco & Héloïse Wagner 
Décors de Margaux Van Den Plas
Lumières d’Eric Milleville
Costumes de Frédéric Olivier 
Musique de Romain Trouillet 

Crédit photos © Bernard Richebé

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