Hervé, l’ « hyper » phénomène

Cheveux rasés, regard clair, le jeune homme, dont le style musical n’est pas sans rappeler Bashung, a tout du « geek » heureux. Son premier album, entremêlant chansons à texte et électro, sort enfin dans les bacs. Et c’est déjà un succès tant public que critique. « hyper » bien ! 

Les booms booms éléctro du Premier jour du reste de ma nuit font vibrer les baffles. Les sons invitent à un voyage sonore dans une savane électro. Mais tout de suite, la voix grave d’Hervé contraste et ramène l’auditeur sur une lande poétique et exaltée. Les mots roulent, s’enchaînent. L’homme de la nuit, impudique, nous convie au cœur de son intimité, dans ses rêves, ses cauchemars. Généreux, il partage ses émois, ses ressentis. Le coup de foudre est immédiat. La scansion du texte, la musique qui l’accompagne, tout est fait pour faire vibrer nos oreilles, fondre nos cœurs.

Puis Les premières notes de Cœur poids plume résonnent. Les yeux fermés, l’image d’Hervé, le jeune musicien de 28 ans, se confond avec celle fantomatique d’Alain Bashung. Il a des faux airs de Gaby ok Gaby ! dans le ton, dans le verbe. Au-delà du clin d’œil volontaire, le jeune breton s’inscrit, en digne héritier de l’auteur- compositeur-interprète. Le sens du rythme, du lyrisme, tout y est. Textes à fleur de peau, mélodies romantico-électro, il s’inspire tout en réinventant le style du rockeur solitaire. L’effet est immédiat. Les morceaux s’écoutent en boucle. 

Après avoir travaillé sur le dernier album de Johnny Halliday, Hervé transforme son nid de 9 m2 en studio d’enregistrement. C’est dans cet espace réduit qu’avec juste un ordinateur et deux enceintes, il créé Hyper. Puisant dans son parcours, son vécu, nourri à la French touch et au rap, écoutant Stromae, Christophe ou Christine & the Queens, le jeune musicien impose sa propre signature mâtinée de pop, d’indé et de douceur.

Révélation des francofolies, l’an passé, Hervé a franchi le pas et signe un premier album en tout point réussi. Hyper positif, après avoir dû décaler la sortie d’Hyper en raison de la pandémie, tournant son premier clip avec les moyens du bord, en mode confiné, il croit en sa bonne étoile. Et il a raison, le jeune breton devrait faire un carton. Tout est bon. De Trésor à Maelstrom, en passant par La peur des mots et Fureur de vivre, les vibes emportent et séduisent. Il n’y a pas de temps à perdre, succombez !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Hyper d’Hervé label Initial

Crédit photos © Hervé Sellier et © DR

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