Jacques Weber @ Radio France/Richard Melloul

Jacques Weber impétueux et royal au Théâtre Antoine

Jacques Weber n’allait pas manquer l’occasion de fêter la réouverture des théâtres. Il s’installe, pour quelques représentations à l’Antoine, lieu chargé d’histoires avec un seul en scène de toute beauté, Correspondances, où entre de savoureuses digressions, il fait entendre les mots d’Hugo et de Flaubert. 

En ce jour de première, le 18 juin, les spectateurs ont répondu nombreux à l’appel pour voir sur scène l’immense acteur qu’est Jacques Weber. Dans le respect des mesures sanitaires, on peut dire qu’il fait le plein ! C’est impressionnant de retrouver le bruissement qui règne dans une salle avant un spectacle. Devant moi, deux membres de l’association Starter Plus, devisent sur les spectacles vus ou qu’ils ont prévu d’aller voir, derrière moi, deux charmantes dames parlent de films et de pièces. On sent ce plaisir de pouvoir retrouver le chemin des théâtres et des cinémas. Les trois coups résonnent, le silence s’installe, le rideau s’ouvre et l’imposante stature de l’acteur entre en scène sous un tonnerre d’applaudissements. Weber nous regarde et dans ce sourire, plein de malice et de gourmandise, et nous dit le plaisir qu’il a de nous retrouver là.

Jeu et présence comme unique décor 

Sur scène, un pupitre à jardin, une table à cour, le dépouillement absolu que les lumières habilleront délicatement. On est dans l’intime, dans la relation la plus simple, la plus directe, entre le comédien et la salle. Chacun aura la sensation qu’il s’adresse uniquement à lui. Parce que Weber, dans ce spectacle, va souvent s’adresser à nous, au fil de ses pensées sur les temps actuels, sur la puissance du texte qu’il vient de lire, sur l’intemporalité des deux auteurs qu’il a choisis de mettre en avant par la force de leurs écrits. 

Hugo – Flaubert, duo d’idées

Le titre, Correspondances, peut porter à confusion. Il n’est pas question d’échange de lettres entre Victor Hugo et Gustave Flaubert, même s’il y en a quelques-unes. Ce serait plus dans le sens de la définition du Robert : Rapport de conformité, correspondance d’idées entre deux personnes. Il y a aussi cette concordance, entre certaines réflexions, pensées sur la société, la politique. Le XIXe siècle fait résonner des choses toujours actuelles dans ce XXIe. Il s’en amuse le grand Jacques de la modernité des mots de ces auteurs que l’on ressent au détour de certains textes. Mais ce qui lui tient le plus à cœur est de nous faire entendre leur humanité, la beauté de leurs écrits, l’émotion qui ressort à les écouter. Avec une maîtrise de son art, Weber nous a régalé d’un festin poétique et littéraire qui fait du bien à l’âme et au cœur. 

Marie-Céline Nivière

Correspondances, Victor Hugo – Gustave Flaubert – conception de Jacques Weber
Théâtre Antoine
14, boulevard de Strasbourg 
75010 Paris
Du 18 juin au 2 juillet 2021
Vendredi 18, Samedi 19, Mercredi 23, Jeudi 24, Vendredi 25, Mercredi 30 juin, Jeudi 1er à 20h, Samedi 2 juillet à 19h

Crédit photos© Radio France/Richard Melloul

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