Le ballet de Lorraine danse Cunningham à l’Orangerie

Devant les nymphéas de Monet, sous la direction de Petter Jacobsson et de son collaborateur Thomas Caley, cinq danseurs du corps de ballet de Lorraine se laissent porter par l’écriture chorégraphique de Merce Cunningham. Un bel hommage qui vient magnifier les chefs d’œuvres impressionnistes. 

Lundi soir dernier, comme presque une fois par mois maintenant, vers 18 heures à laquelle le musée de l’Orangerie ferme généralement ses portes, du monde s’agite dans la « Sixtine de l’impressionnisme » , comme l’a baptisé l’artiste André Masson en 1952. Danseurs, chorégraphes, personnels de l’institution s’apprêtent à recevoir un petit nombre de privilégiés pour un moment suspendu, un instant de grâce. 

Cunningham forever 

Après Emmanuel Gat, en février, c’est autour de Petter Jacobsson et Thomas Caley d’investir les lieux. Tous deux ayant travaillé avec Merce Cunningham, que ce soit sur l’écriture chorégraphique ou en tant que premier danseur, il était logique qu’ils lui consacrent une courte pièce. S’emparant de sa grammaire et tout particulièrement de celle qui marque les Solos, ceux de ses premières créations, ceux qui marquent son œuvre. Un corps et un enchainement précis et répétitif de mouvement suffisent à habiter l’espace, à imprimer dans les airs une intention, un schéma de penser. 

Danse cérébrale

Tout est maîtrisé, millimétré, cadencé. L’un après l’autre, les cinq interprètes, vêtus d’académiques violets ou rouges, entrent dans le carré central, l’espace de jeu qui leur est réservé. Sur la musique de John King, ils entrent en résonnance avec les nymphéas, leur infusent un souffle, une pulsion. Hypnotisés par le balancement des bras, des jambes, emportés par les sons, l’énergie des danseurs, tous virtuoses, les spectateurs semblent lâcher prise le temps d’un programme parfaitement ciselé. 

Une technicité puissante 

L’écriture de Cunningham ne pardonne pas les faux pas. Il faut une volonté de fer, une exigence, une haute technicité pour exécuter à la perfection ses pas, ses piqués, ses sauts. Clairement, le Ballet de Lorraine montre une nouvelle fois son niveau d’excellence. C’est beau, brillant, ensorcelant. Leur prochaine prestation à l’Opéra de Lorraine en avril prochain, devrait être passionnante et explosive. Lors d’un programme double, les danseurs de Nancy vont se confronter à ceux du Ballet du Rhin

Sous l’impulsion d’Isabelle Danto, critique d’art et spécialiste de la danse, les nymphéas n’ont pas fini de vibrer. En avril, c’est autour de la chorégraphe Valeria Giuga et du poète-performeur Anne James Chaton de revisiter l’œuvre de l’allemande Mary Wigman. Tout un programme !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


Danse dans les nymphéas
Solos Programme Merce Cunningham – Direction Petter Jacobsson
Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries
Place de la Concorde
75001 PARIS. 
Le 2 mars 2020
Durée 20 min

Avec 5 danseurs du Ballet de Lorraine
Musique de John King – 100tone-candles
Costumes conçus et réalisés par Reid Bartelme et Harriet Jung.

Crédit photos © Hervé Gloaguen et © Musée de l’Orangerie

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