Ode Pavillonnaire

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odepavillonnaireEn « ringardisant » et en moquant gentiment sa famille et son enfance, Frédéric Ramade signe une expérience télévisuelle intéressante mais peu adaptée aux salles obscures.

L’argument : Jugés par beaucoup comme de véritables ratages architecturaux, les pavillons incarnent néanmoins le rêve de millions de français. Cherchant à comprendre ce phénomène, le réalisateur Frédéric Ramade reprend le chemin du lotissement où il a passé son enfance pour y mettre en scène les membres de sa famille. Avec humour, il livre un témoignage critique, de l’intérieur, sur la façon dont une famille a rêvé sa vie à travers la construction de son pavillon. Père, mère, fille et fils, devenus le temps du film une « famille témoin », finissent par faire de leur vie une oeuvre et de leur pavillon un readymade.

Notre avis : Tous ceux qui ont vécu dans le monde pavillonnaire auraient pu a priori se reconnaître dans le docu-fiction de Frédéric Ramade, qui retourne sur ses jeunes racines et sur le microcosme de ces lotissements qui ont fleuri aux portes des grandes villes dans les années 70. Clairement, ce n’est pas le cas.

Derrière le côté ultra-ringard des personnages (à la limite des « beaufs »), de la décoration et des dialogues, Frédéric Ramade dessine la vie quotidienne d’une famille de Français moyens. Au fur et à mesure des images, on a de plus en plus l’impression de se retrouver dans un épisode pour grand écran de la fameuse émission belge « Strip-tease ». Tout y est : une mise en scène plate qui se focalise uniquement sur le plaisir qu’éprouvent les protagonistes à être filmés et à raconter leur petite histoire sans grand intérêt pour le spectateur (si ce n’est qu’elle prête souvent à rire !). La musique est stridente, à la limite du désagréable. Les clichés s’empilent et nous font sourire, parfois.

Extrêmement didactique, la réalisation reste fade et sans saveur si bien qu’on a beaucoup de mal à comprendre la démarche intellectuelle et artistique de Frédéric Ramade. Entre second et dixième degrés, le métrage laisse une impression de comédie douce-amère peu aboutie. A réserver aux nostalgiques de l’émission culte diffusée le dimanche soir sur France 3. Les autres passeront judicieusement leur chemin.

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