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Les Caprices de Marianne, un classique épuré et efficace

L’amour, toujours l’amour. Dénonçant les dérives d’une société puritaine d’apparence où les mariages arrangés favorisent libertinage et jalousie, Alfred de Musset dépeint de sa plume acérée les premiers émois et les désillusions d’une jeune femme trop bien rangée. S’emparant de ce classique du mouvement littéraire romantique, Pascal Faber signe une adaptation de bonne facture qui ne manque pas de charme.

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Le carnaval bat son plein dans un Naples imaginaire. Le débauché Octave (délirant Pierre Azéma) déambule dans les rues à la recherche de gentes dames peu farouches, de bons vins et d’excellentes chères. Au cours de ses périples nocturnes, il tombe sur son ami Cœlio (ténébreux Frédéric Jeannot). Visage grave, ce romantique patenté est mordu de la belle et très dévote Marianne (éblouissante Vanessa Cailhol). Rigide, hiératique, la jeune mariée, fille prude de bonne famille, a accepté de sacrifier sa beauté, sa jeunesse à un vieux barbon, qu’on lui a donnée pour époux.

La jalousie aveugle du méchant mari, le charme du troublant Octave et la constante assiduité de l’énamouré Cœlio, vont avoir raison des dernières résistances de Marianne, qui, après un dernier sursaut d’orgueil, sombre dans les affres de la passion à sens unique. Brûlant ses ailes, elle entraîne vers un triste et funeste destin tous les hommes qui ont croisé sa route.

En adaptant avec simplicité l’un des chefs d’œuvres du romantisme, Pascal Faber nous entraîne au plus près des émotions. Sans tomber dans le pathos, il signe une mise en scène épurée qui met en valeur l’écriture ciselée, cruelle autant que poétique d’Alfred de Musset. Bien qu’utilisant les mêmes artifices scénographiques que pour son Marie Tudor – des panneaux de tissus pour symboliser les différents lieux d’action -, il sait donner au texte une belle profondeur et une modernité plaisante.

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Se concentrant surtout sur les conceptions différentes de l’amour des trois principaux personnages, Pascal Faber laisse s’entremêler avec ingéniosité, émotions vives, tragédie, dérives sentimentales et passion. Le choix des comédiens est pour beaucoup dans la réussite de ce ballet des cœurs perdus où tout finit mal. Vanessa Cailhol est éblouissante en froide dévote qui se consume pour les beaux yeux bleus magnétiques d’Octave, joué par Pierre Azéma, parfait en Dom Juan dépravé. Face à eux, Frédéric Jeannot campe un Cœlio idéaliste et malheureux à souhait. Le reste de la distribution est au diapason.

Amoureux du théâtre et des beaux textes, laissez-vous tenter par ce classique de très bonne facture, vous serez charmés par cette farandole romantique à souhait.

Par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

caprices-de-Marianne_theatre-des-lucioles_©DR_compagnie-13_@loeildoliv

Les Caprice de Marianne d’Alfred de Musset
Festival d’Avignon le OFF
Théâtre des Lucioles
13, rue du 58ème R.I Porte Limbert
84000 Avignon
Jusqu’au 29 juillet 2018
Tous les jours à 12h05 relâches le 10, 17 & 24 juillet 2018
Durée 1h30

Mise en scène de Pascal Faber assisté de Bénédicte Bailby
Avec Pierre Azéma, Vanessa Cailhol, Brock, Séverine Cojannot, Pascal Faber & Frédéric Jeannot
Costumes de Madeleine Lhopitallier
Lumières de Sébastien Lanoue
Décor de Cynthia Lhopitallier
Univers sonore de Jeanne Signé

Crédit photos © Compagnie 13

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