Les 500 ans de Léonard de Vinci célébré au théâtre

Au Studio Hébertot, Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie, tirée du roman de Brigitte Kernel, s’inscrit avec bonheur dans la célébration du cinquième centenaire de cet artiste hors normes.

« Je m’appelle Léonard, je suis Italien et j’ai neuf ans depuis deux semaines », c’est par ces mots que démarre la pièce. Ce petit garçon, vivant au début du seizième siècle, dépasse les théories du psychologue américain Fitzhugh Dodson qui avait déclaré au monde entier que « Tout se joue avant 6 ans ». Car presque toutes ses inventions, Léonard de Vinci les a pensées, imaginées dans son enfance. C’était un gamin précoce vivant à une époque où l’on ne se préoccupait pas du QI. Un gaucher qui écrivait en miroir naturellement et qui aujourd’hui serait catalogué dyslexique. De quoi rassurer bien des parents, des enfants. 

Brigitte Kernel nous raconte avec sensibilité l’histoire de ce petit garçon, mal aimé par son père, séparé de sa mère et de l’amour qui va avec. C’est auprès de son grand-père qu’il va se construire et trouver l’équilibre émotionnel. Ce dernier, ayant compris le génie de son petit-fils, va être, non pas son professeur, mais son guide. En lui laissant exprimer cet imaginaire qui le nourrit, il va permettre à l’enfant de s’épanouir à son rythme, à son aise. L’adaptation du roman pour le théâtre, par l’autrice elle-même et Sylvia Roux, est vive comme la musique de nuit de Mozart, autre enfant précoce. C’est magnifique.

C’est Léonard qui nous raconte son histoire, avec les mots de l’enfance, sa naïveté, sa générosité. Gregory Gerreboo s’est glissé dans cette jeunesse avec une grande finesse. Pas facile de jouer l’enfant sans tomber dans les pièges de la caricature. Le comédien, au jeu subtil, fait résonner toutes les émotions qui traversent le petit Léonard. Car ce petit bonhomme qui s’émeut devant la nature, les animaux à souvent bien du mal à comprendre les adultes et leur comportement. Léonard, curieux du monde qui l’entoure, questionne, s’intéresse, cherche à comprendre. Le comédien fait vivre cela merveilleusement. il passe aisément d’un personnage à l’autre, une posture, un ton, une nuance, et l’on comprend à qui l’on a affaire, le père, le grand-père, les demi-frères et sœurs… 

Tout ceci prend vie dans une scénographie de toute beauté, signée Sophie Jacob et Stéphane Cottin, soutenue par les lumières impeccables de Marie-Hélène Pignon. Un grand carnet vierge est ouvert sur la scène. Il sert de praticable, mais aussi d’écran. L’idée de représenter les autres personnages par des mannequins de bois de tailles différentes, manipulés par le comédien, est très avisée. Cela fonctionne très bien. Imaginative, la mise en scène de Stéphane Cottin apporte à ce spectacle une dimension esthétique qui enchante. Un moment de théâtre fort agréable en ces frimas hivernaux.

Marie-Céline Nivière 


Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie de Brigitte Kernel Et Sylvia Roux
Studio Hébertot
78 bis, Boulevard des Batignolles 
75017 Paris
Jusqu’au 25 janvier 2019
Tous les samedis à 17h00
Durée 1h00 environ

Adaption de Brigitte Kernel (Édition Leduc.S)
Mise en scène de Stéphane Cottin
Avec Grégory Gerreboo
Scénographie de Sophie Jacob et Stéphane Cottin
Lumières de Marie-Hélène Pignon
Costumes de Chouchane Abello Tcherpachian
Son de Cyril Giroux

Crédit photos © Cyrille Valroff

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