Couv_Azor-Des-bandits_Athenée_© Nicolas Spanoudis_@loeildoliv

Azor, une opérette so « kitsh » qui a du chien

Ça chante à tue-tête, ça se déhanche à tout va. Reprenant le livret et la trame d’une opérette à la Française de 1932, tombée depuis longtemps dans l’oubli, Stéphan Druet, à la mise en scène, et Emmanuel Bex, à la direction musicale, invitent à un show de tous les diables. Fantaisie déjantée des années folles remis au goût du jour, « Azor » est un vrai remontant théâtral parfait pour commencer l’année en beauté.

Au commissariat de Neuilly, rien ne va plus. Les dames de la haute s’effeuillent dans les parcs de la ville et se retrouvent au trou. Le redoutable Kiki-le-Frisé et sa bande font tourner en bourrique les agents de police. Le commissaire, surnommé Azor comme son chien, poète à ses heures, semble plus concerné par ses histoires de cœur que par le bon fonctionnement de sa brigade. Il faut dire que le pauvre est aux prises avec une maîtresse obsédée, dévoreuse d’hommes, une jeune fille délurée dont il est amoureux, mais qui ne le calcule pas et une petite voleuse à qui on donnerait le bon dieu sans confession et qui ne semble pas insensible à ses charmes patauds.

AZOR-Athenee_Favier-Azor_© Nicolas Spanoudis_@loeildoliv

Sur fond d’intrigues policières pas finaudes et de vaudevilles ubuesques, le bordelais Gaston Gabaroche dresse le portrait d’une société bourgeoise en quête de frissons, n’hésitant pas à flirter avec le milieu des petites frappes pour un peu d’aventure à petit frais. Bien que poussiéreux et daté, le livret de cette opérette, créée en 1932 et oubliée depuis, semble survitaminé grâce au talent de Stéphan Druet et épicé par la « rock attitude » d’Emmanuel Bex. Prenant le parti de garder le côté désuet de l’œuvre quitte à en accentuer le kitsch, à forcer le trait de la farce, les deux compères signent un spectacle complétement barré et pétillant qui a tout du feu d’artifice scénique, de la gourmandise acidulée que l’on savoure en famille, entre amis avec un plaisir enfantin, espiègle. L’énergie communicative est telle que la salle applaudit chaque morceau comme il se doit, même si parfois le son sature et empêche d’entendre le texte.

Portée par une troupe en délire, menée tambour battant par un Julien Alluguette cintré à souhait, une Fanny Fourquez incandescente, une Emmanuelle Goizé furieusement allumée et un Gilles Bugeaud surjouant avec exagération malicieuse, cette comédie musicale hilarante et survoltée, bien qu’un peu longuette, a tout pour séduire et offrir une belle entrée en 2019. Alors, foncez !

Par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


Azor_Athenee-1_© Matthias PLANTARD_1_@loeildoliv

Azor de Gaston Gabaroche
Athénée – Théâtre Louis Jouvet
Square de l’Opéra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau
75009 Paris
Jusqu’au 13 janvier 2019
Du mercredi au samedi à 20h00 le mardi 8 janvier à 19h00 et les dimanches à 16h00
Durée 2h00 sans entracte

Musique de Gaston Gabaroche
mise en scène de Stéphan Druet
direction musicale et arrangements Emmanuel Bex
conception Emmanuelle Goizé, Gilles Bugeaud, Pierre Méchanick
musique Pierre Chagnon, Fred Pearly
livret Albert Willemetz, Max Eddy, Raoul Praxy
avec Julien Alluguette, Gilles Bugeaud, Fanny Fourquez, Pauline Gardel, Quentin Gibelin, Emmanuelle Goizé, Estelle Kaïque & Pierre Méchanick
guitare Antonin Fresson
batterie Tristan Bex
orgue Hammond Emmanuel Bex
chorégraphie d’Alma de Villalobos
lumière de Christelle Toussine
scénographie d’Emmanuelle Goizé
costumes de Denis Evrard

Crédit photos © Matthias Plantard

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